Doublez, ça tourne !
La ville de Nanterre, dont l'université accueille l'une des seules formations à la traduction audiovisuelle en France, organise un concours autour du doublage... et apparemment, pour la deuxième année consécutive.
Les participants peuvent envoyer un extrait de film re-doublé par leurs soins jusqu'au 28 avril, pour une diffusion le 30 avril. Ils peuvent choisir l'extrait parmi une liste de 5 films : Bienvenue chez les Ch'tis, Entre les murs, Les Choristes, Scarface et Titanic.
Plus d'informations à cette adresse !
Malheureusement, il semblerait que seuls les Nanterriens puissent participer à ce jeu, mais cela pourrait donner des idées à d'autres...
En ce qui me concerne, j'aurai au moins appris qu'il est possible de procéder à des enregistrements avec Cappella, moi qui pensais qu'on pouvait uniquement poser le texte !
Du boulot jusqu’en 2016 !
La chaîne CBS vient de confirmer le renouvellement des Feux de l'Amour pour trois ans, soit jusqu'à la saison 2013-2014. Une nouvelle qui laisse de marbre la plupart des gens... mais qui fait plaisir aux jeunes auteurs de doublage !
Car Les Feux de l'Amour, c'est un peu le passage obligé. Face aux coûts importants que représente un doublage, les studios de doublage rechignent à essuyer les plâtres en formant des novices. Le soap est le seul programme sur lequel on leur laisse une chance de faire leurs preuves. Avec un décalage d'environ deux ans entre la diffusion américaine et la diffusion française, cela signifie donc que les jeunes auteurs trouveront encore du boulot jusqu'en 2016 !
Des jours et des vies a également été renouvelée pour deux ans par NBC. La bleusaille n'a donc pas fini de faire le pied de grue dans les couloirs de Dubbing Brothers qui double ces deux soaps !
Le sous-titrage n’est pas à la portée de n’importe qui
Aujourd'hui, nous allons être méchant. Aujourd'hui, nous allons dire du mal des autres. De façon générale, j'estime que rien n'est entièrement génial ou mauvais. Même les meilleurs font des erreurs ! Mais il existe quand même une catégorie de personnes sur Internet qui pensent que le sous-titrage est à la portée de tous, qu'il suffit de traduire une phrase sans contraintes et de la plaquer sur la vidéo un peu au pif. Ces mêmes personnes ne maîtrisent pas bien l'anglais, ce qui mène régulièrement à des contre-sens... Sans oublier qu'elles téléchargent illégalement des vidéos pour regarder des épisodes de séries américaines avant tout le monde !
Eh bien non, je ne vais pas parler des fansubbers, mais des journalistes "spécialistes des séries télévisées". Chaque jeudi, Canal + propose son Hebdo Séries, dirigé par le journaliste Pierre Langlais qui publie plusieurs fois par semaine des articles sur son blog, Têtes de séries. Allociné, de son côté, sort chaque vendredi son Tueurs en Séries. Je suis assidûment ses deux émissions et ça fait plusieurs semaines que je m'arrache les cheveux... Cette semaine, c'était la goutte de trop dans le Tueurs en Séries n°134 du vendredi 12 novembre 2010.
Comme on peut s'y attendre, les phrases sont trop longues, les changements de plan sont traités par-dessus la jambe (pourtant, quand on est amateur de série/cinéma, on doit bien savoir ce que c'est, un changement de plan, non ?) et les sous-titres se suivent collés les uns aux autres, sans la marge de plusieurs images qui permet à l'oeil de se reposer.
Ce qui est tout de même plus gênant, à mon avis, c'est quand les phrases se succèdent à un rythme impossible à suivre pour un humain. Et je ne parle pas d'un rythme difficile à suivre pour mamie, je ne parle pas d'une vitesse de 15 caractères par seconde au lieu du traditionnel 12. Admirez le travail à partir de 5'07.
On voit quand même la différence entre les sous-titres réalisés par Allociné et les sous-titres professionnels du DVD de Stargate Universe vers la 3e minute.
Pour finir, je vous laisse avec cette réplique cinglante d'une bande-annonce pour la série Psych (madame la voix d'Allociné, le "p" ne se prononce pas !) : It's about damn time, à 6 min 30. "C'est un bien mauvais timing." Si, si.
Ça veut dire "il était temps", si jamais quelqu'un de la rédaction me lit.
Fermeture de DSD
J'arrive un peu après la bataille, mais j'ai eu le regret de constater que le merveilleux site DSD (Doublage Séries Database) allait fermer ses portes, 5 ans après sa création.
Lors de sa dernière mise à jour, le 25 septembre 2010, son créateur, Nicolas K.V. a annoncé :
C'est avec regret que je vous informe de l'arrêt de DSD Doublage.
En 2005, j'ai eu l'idée de créer le site dans le but de proposer une source d'informations sur le doublage des séries facilement accessible aux internautes et c'est grâce à l'aide des membres du forum de la Gazette du doublage (désormais présents sur le Forum Doublage Francophone) et de personnes de la profession tels que Catherine Le Lann, Guillaume Orsat, Constantin Pappas ou encore Annie Barclay que DSD a pu commencer à se remplir et devenir la référence qu'il est aujourd'hui.
5 ans plus tard, le site ferme ses portes simplement par manque de temps et en aucun cas pour des raisons financières comme certains ont pu le penser (je le rappelle, DSD est un site à but non lucratif).
Merci à tous ceux qui y ont contribué et peut-être à une prochaine fois.
C'est terriblement dommage ! Ce site était une mine de renseignements pour retrouver où vous aviez déjà entendu telle ou telle voix, quel auteur se cache derrière telle traduction ou encore, dans quel studio a été enregistré le doublage...
C'est aussi l'occasion de parler des rares sites consacrés au doublage et/ou au sous-titrage.
Le plus ancien est La gazette du doublage. Un peu difficile de s'y retrouver au premier abord, mais on peut trouver sur leur page Facebook une sorte de sommaire (qui n'a pas l'air d'avoir mis été à jour depuis 2008).
On peut citer également le blog de l'ATAA : tout n'y est pas intéressant, mais j'ai apprécié ce journal de bord en 4 parties d'une étudiante qui a fait un stage auprès d'un traducteur indépendant. Je ne savais même pas que c'était possible !
Enfin, j'aime bien le blog des Piles intermédiaires, où l'auteur parle de tout et de rien. Je vous recommande surtout la lecture de cet article sur la simulation en sous-titrage.
N'hésitez pas à partager vos bonnes adresses, je suis toujours à la recherche de nouveaux points de vue d'auteurs de doublage et/ou sous-titrage !
Thomas m’à tuer ?
J'ai déjà parlé de Thomas Murat dans un de mes tout premiers articles et il va à nouveau être question de lui ici. Si vous ne le connaissez pas, sachez que Thomas Murat est une des stars de la traduction audiovisuelle : Die Hard, James Bond, Star Wars, ça ne rigole pas ! Généralement en charge du doublage, il s'adonne également au sous-titrage, comme par exemple pour le film Wall Street : l'argent ne dort jamais actuellement en salle.
À première vue, rien à redire ! Pas de fautes de sens choquantes, l'ensemble est très lisible... Il a eu une bonne idée pour un passage délicat où Gordon Gekko (Michael Douglas) affirme à son protégé qu'il considère l'argent comme une "her" et non pas comme un "it", un peu comme un marin parle de son navire au féminin. Normalement, tous les objets inanimés sont logés à la même enseigne, le pronom correspondant est "it". Problème lors de la traduction, donc, puisque nous n'avons pas ce "it" inanimé et qu'on parle d'argent au masculin. En français, ce passage devient donc : L'argent est une maîtresse (je paraphrase). Ce qui est très approprié, puisque Gekko enchaîne en disant que c'est une garce qui dort dans ton lit, etc, etc.
Mais une énormité vient assombrir le tableau. À deux reprises, le spectateur peut lire une phrase où "a" (verbe avoir conjugué) et "à" (préposition) sont confondus : "une famille à acheté" et "tout le monde à..."
Vous me pardonnerez, encore une fois, ce sont des citations incomplètes car ma mémoire me fait défaut. Quoi qu'il en soit, le contexte ne permet aucun doute : il s'agissait bien dans les deux phrases du verbe avoir conjugué à la troisième personne du singulier. Pour un film à gros budget, traduit par un gros bonnet, dont les sous-titres ont sans doute relus par plusieurs personnes, ça fait un peu tache. Comment expliquer ça ? J'ai bien une théorie sur la question, mais aucun moyen de la vérifier... Je suppose que pour que cette bévue soit passée entre les mailles du filet, elle est le résultat d'un passage de dernière minute dans un correcteur orthographique qui a transformé le texte de l'auteur à l'insu de son plein gré...
Prudence, donc, avec ces bestioles ! Elles peuvent mettre à mal même les plus grands.
Le sous-titrage SM
Depuis plusieurs mois, incroyable mais vrai, les auteurs de sous-titres sont de plus en plus sollicités ! Pourquoi ? La loi n°2005-102 du 11 février 2005 "impose aux chaînes dont l’audience dépasse 2,5% (TF1, France 2, France 3, Canal + et M6) de sous-titrer tous les programmes (à part les pubs) d’ici cinq ans (avant donc le 12 février 2010)", comme nous l'explique http://www.medias-soustitres.com. Conséquence : la demande de sous-titrage à destination des Sourds et Malentendants (abrégé dans le métier par le nom fortuit mais évocateur "sous-titrage SM") a explosé durant l'année 2010 !
Il y a quelques jours, le 6 septembre 2010, un auteur de sous-titres SM publie un article sur un travail un peu particulier... Il a sous-titré le premier film porno pour sourds et malentendants. Benjamin Gans fait le récit de cette tache ardue avec un humour certain. Comme on dit, mieux vaut en rire...
Si vous voulez aller plus loin sur le sous-titrage SM, vous pouvez consulter la page Facebook du CAASEM (Collectif adaptateurs de l'audiovisuel pour sourds & malentendants) qui propose plusieurs articles sur le sujet.
Mauvais payeurs
En cherchant des blogs consacrés au doublage et/ou au sous-titrage, j'ai découvert par hasard un mini-blog un peu particulier... Créé en mai 2010, il n'est composé que d'un seul article qui recueille le témoignage de plusieurs auteurs de doublage.
Dans quel but ? Dénoncer la société Dubb4you et la façon dont elle traite les auteurs. Lisez l'article, c'est assez édifiant.
Personnellement, ça me fait beaucoup penser à certains billets de Clients from Hell :
The problem with you college students is that you always expect to get paid for the work that you do.
I’m not looking for the kind of firm that’s going to shoot an invoice off to me every time I ask to have something done.
C'est vrai, quoi ! C'est quoi, ces gens qui veulent être payés pour le travail qu'ils font ?
Personne n’est parfait…
Je sais que j'ai déjà abordé le sujet, mais j'ai eu une révélation, récemment.
Aucun film (ou toute autre oeuvre télévisuelle, d'ailleurs) ne peut être parfait. Un acteur qui fait un regard caméra... Ou qui prononce une réplique de travers... Un montage raté qui ne rend pas aussi bien que se l'imaginait le réalisateur... Des faux raccords... Des incohérences scénaristiques... On en trouve partout ! Est-ce que ça veut dire pour autant qu'un film est mauvais ?
Au final, la traduction, c'est un peu le dernier processus qu'il faut ajouter après l'écriture, le tournage, le montage, etc. Donc à ce titre, ne faudrait-il pas accorder au traducteur le droit de faire des "faux raccords" ? S'il a oublié une virgule, ça ne fait pas de son travail un mauvais sous-titrage. S'il n'est pas parfaitement synchrone sur une labiale, ça ne veut pas dire que son texte est mauvais, et ainsi de suite.
Ça peut sembler évident à certaines personnes, mais j'ai vraiment tendance à manquer d'indulgence vis-à-vis de moi-même et des traducteurs en général. Une faute prend vite des proportions dramatiques. "Oh, mon Dieuuuuuu ! J'ai trahi l'Oeuvre de l'Auteur ! Je dois m'auto-flageller !"
C'est bête, au fond.
Un pas de plus vers la tolérance !
Journées d’études sur le sous-titrage
Vendredi 18 et samedi 19 juin se tiendront deux journées d'études sur le sous-titrage à l'université d'Evry.
En ce qui me concerne, je compte bien assister aux séminaires donnés dans la journée du vendredi. Ils seront consacrés à une analyse de l'adaptation amateur ("fansubbing"), ainsi qu'à la transgression des normes chez les professionnels.
Le samedi, les intervenants aborderont les thèmes de l'évolution du sous-titrage, ainsi que la question de l'intraduisible.
Vous pouvez consulter le programme détaillé ici.
La feinte du générique
Au cinéma, la curiosité me pousse toujours à attendre jusqu'à la fin du générique pour voir le nom de l'auteur du sous-titrage ou du doublage.
Parfois, l'attente est vaine... Après 5 à 10 minutes de générique, le nom de l'auteur n'est pas affiché (par exemple, j'aurais bien aimé voir le nom du sous-titreur de Dragons, certaines choses m'ont plu... et d'autres non). Ou pire encore ! Les deux seules personnes qui restent dans la salle sont quelques rangs devant moi et se lèvent au moment inopportun ! Véridique.
Mais parfois, la patience est récompensée, comme ce fut le cas ce week-end quand j'ai vu Iron Man 2. A la fin du très long générique, nous n'étions plus que deux dans la salle, moi et la personne qui m'accompagnait. Il faut dire aussi que la salle n'était pas très remplie au départ (une vingtaine ou une trentaine de personnes). Après avoir vu le nom de l'auteur (Philippe Videcoq, soit dit en passant), nous nous levons pour sortir quand tout à coup... une dernière scène apparaît à l'écran.
Oui, oui. Une scène de trente secondes, qui fait partie du film, mais après le générique. Combien de personnes ont raté cette scène ? Un paquet, j'imagine. Bon... c'est sûr que ce n'est pas une scène clé qui résout un grand mystère. Mais elle justifie l'arrivée (et le départ) d'un personnage qui ne servait à rien. Surtout, elle annonce l'arrivée d'un nouveau héros Marvel, Thor. Même si son nom n'est pas cité, on reconnaît son marteau. En effet, un film sur ce personnage est en préparation et est prévu pour 2011. Et pour 2012, Joss Whedon prépare un film centré sur "The Avengers", un groupe de plusieurs superhéros Marvel, qui compte notamment Iron Man (Robert Downey Jr), la Veuve Noire (Scarlett Johansson), Thor, Captain America, Hulk...
Comme quoi ! Des fois, ça vaut le coup d'attendre.

